Nous voilà à Copacabana, à la fin de notre séjour d'un mois en Bolivie. Que de chemin parcouru depuis le poste frontière argentin !

 

Premiers contacts avec ce pays qui ne fut pas des plus faciles. Après la chaleur et l'accueil des Argentins, nous fûmes un peu déroutés par l'accueil plus discret du peuple bolivien qui nous paru un peu moins abordable que d'autres latino-américains, mais très gentils et serviables pour autant. La rencontre avec les cholitas aux joues rosées et aux innombrables jupons en est tout un symbole.

 

Ce séjour nous a appris beaucoup de choses que nous ignorions sur l'histoire bolivienne et sud américaine. On ne s'imaginait pas, avant de venir ici à quel point ce pays était riche en exploits, mythes et légendes !

 

Nous avons commencé notre séjour par les merveilles de la nature de l'Alti Plano bolivien. Des paysages à couper le souffle : des déserts, des cactus, des geysers, des lagunes où seuls des flamants roses nichent et bien sûr, le fameux désert de sel d'Uyuni, inondé à la fin de la saison de pluies, où se reflètent les nuages et le ciel andin. Le tout à une altitude comprise entre 2500 à 5000m, et une phase d'adaptation inévitable.

 

L'histoire de la Bolivie est également intimement liée à la ville de Potosi et du « Cerro Rico », fameux pour ses mines d'argent. 450 ans d'exploitation minière dans cette montagne font de Potosi un symbole de la Bolivie. Aux 17e et 18e siècles, Potosi était le Paris de l'Amérique du Sud, une des villes les plus riches du monde que les Espagnols eurent du mal à abandonner lors de l'indépendance du pays dans les années 1810-1820. A 4100 m d'altitude, Potosi est une ville difficile, les mineurs triment et les accidents sont fréquents. Ils risquent leur vie pour extraire le minerai de la montagne, et tiennent le coup grâce aux feuilles de coca et au « Tio », le dieu de la mine... Ces feuilles de coca, d'abord interdites par les colons qui y voyaient une entrave à la religion catholique, se rendirent vite compte de la baisse de rendements de leurs esclaves travailleurs et décidèrent de la réhabiliter. Cette feuille qui fait parler d'elle dans la lutte mondiale contre la drogue (350 kilos de feuille sont nécessaires à la préparation d'un kilo de cocaïne produite à partir de la substance de la feuille et de nombreux additifs chimiques) et qui pourtant ici, représente une culture millénaire pour supporter les conditions de vie rudes en altitude.

Potosi fut aussi la rencontre au sommet avec les New-yorkais! Salut les amis, on se verra bientôt, où??

 

Après Potosi, place à Sucre, capitale constitutionnelle du pays où nous avons posé nos valises pour une dizaine de jours, le temps pour Luc de perfectionner son espagnol et de profiter de l'ambiance détendue de cette ville au riche passé colonial et d'indépendance! C'est en effet à Sucre, que débuta la révolte des peuples sud-américains contre la colonisation espagnole en 1809. Les habitants de Sucre sont fiers de leur héritage et qu'on ne leur parle pas de La Paz comme capitale du pays! Et pourtant, le siège du gouvernement et le parlement sont à La Paz, la Haute cour de justice est à Sucre, alors?... 2 capitales pour un pays? Une certaine répartition entre les 2 villes...

 

La Paz justement, quelle ville! Pas une rue plate, une ville aux rues qui montent et qui descendent sans arrêt, un dénivelé d'au moins 500 m entre le haut et le bas de la ville, de même que les écarts de revenus entre le bas « la zona Sur », où l'on se croirait dans une ville américaine où chacun circule dans son 4x4, où l'on peut manger dans le dernier restaurant à la mode, où l'on croise les dernières modes de lifting... et le haut de la ville « El Alto », où se concentrent à 4000 m d'altitude les classes populaires, nouveaux arrivants, les travailleurs migrants, où dans la rue, on ne voit pas de voitures individuelles, mais que des mini-bus ou des taxis... Sans aucun doute, La Paz vaut le détour. A quelques kilomètres de là, nous faisons la rencontre avec la civilisation pré-inca, à Tiwanaku, une des plus avancées de l'époque avec la maîtrise du système métrique et de la cosmologie. Les ruines étant en cours d'excavation, il nous faudra donc y retourner dans 10 ans pour observer temples et autres merveilles.

 

Détour par le parc national de Torotoro, l'histoire toujours, mais du monde où nous suivons les traces de dinosaures qui se promenaient dans la région il y a plus de 50 millions d'années... Nous avons suivi leurs pas et marché dans leurs pas ; émouvant, impressionnant, incroyable ! On a parfois eu l'impression que les géants étaient passés par là la veille. Nous aurons aussi nagé dans un canyon majestueux et Luc se sera faufilé dans les dédales d'une grotte aux stalagmites et stalagmites vieilles elles aussi de millions d'années...

 

Notre séjour bolivien s'achève ici sur les bords du lac Titicaca, à 3800m, un des plus hauts du monde. La nature majestueuse pour achever en beauté notre séjour dans ce pays qui nous a ébloui chaque jour. Nous prenons la direction de l'île du Soleil, où naquit le dieu soleil selon les Aymara. Nous parcourons ses chemins tortueux d'où nous observons les cultures en terrasse, les eaux cristallines du lac que bordent des plages de sable fin, on se croirait sur une île grecque...

 

Nous poursuivons notre voyage du côté péruvien du lac Titicaca où nous rejoignons notre amie Céline qui va nous accompagner dans la découverte de la civilisation inca et de son haut lieu de culte, le célébrissime Machu Pichu.